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Création de sociétéNovembre 2025· 20 min

Création entreprise île Maurice : le guide complet 2025

L'Île Maurice fait fantasmer beaucoup d'entrepreneurs francophones : fiscalité douce, climat agréable, fuseau horaire compatible avec l'Europe, cadre de vie haut de gamme. Mais derrière l'image carte postale, il y a un vrai cadre juridique et fiscal, de plus en plus exigeant et parfaitement aligné sur les standards internationaux (OCDE, BEPS, listes blanches).

DL

Didier Laroussinie

Expert-Comptable — Fiscaliste

1. Pourquoi l'Île Maurice attire autant d'entrepreneurs en 2025 ?

Maurice n'est pas un « paradis fiscal sauvage », mais un centre financier international reconnu, politiquement stable, avec un cadre légal clair.

Sur le plan fiscal : sociétés résidentes imposées à 15 % sur leurs bénéfices, taux réduit à 3 % pour l'exportation de biens, régime de partial exemption pour les GBC ramenant le taux effectif à 3 %.

Côté particuliers : taux modérés, pas de taxe sur la fortune, pas de taxation des plus-values dans la plupart des cas, aucun prélèvement à la source sur les dividendes versés à un non-résident, réseau d'environ 45 conventions de non-double imposition.

💡 Synthèse des taux fiscaux à Maurice

  • Impôt sur les sociétés : 15 % (taux standard)
  • Exportation de biens : 3 %
  • GBC avec Partial Exemption : ~3 % (taux effectif)
  • Plus-values mobilières : 0 %
  • Retenue à la source sur dividendes (non-résidents) : 0 %
  • Taxe sur la fortune : inexistante
  • Conventions de non-double imposition : ~45

2. Les grands types de sociétés à l'Île Maurice

2.1 La société locale (Domestic Company)

Destinée à exercer une activité principalement sur le marché mauricien. Résidente fiscale à Maurice, imposée à 15 %. Peut être soumise à la TVA (15 %).

2.2 La Global Business Company (GBC)

Structure typique pour une activité internationale. Obtient une Global Business Licence auprès de la FSC. Soumise au taux standard de 15 % mais peut bénéficier d'un Partial Exemption Regime (exonération de 80 % sur certains revenus de source étrangère, taux effectif 3 %).

Doit démontrer une substance réelle à Maurice : administrateurs résidents, tenue de conseils sur place, dépenses locales significatives.

⚠️ Substance : une obligation, pas une option

La GBC doit démontrer une substance économique réelle à Maurice : administrateurs résidents, board meetings sur place, compte bancaire principal à Maurice, comptabilité tenue localement. Sans substance crédible, pas d'accès au Partial Exemption Regime.

2.3 L'Authorised Company (AC)

Incorporée à Maurice mais considérée comme non-résidente fiscale. Sa gestion doit être située en dehors de Maurice, ne bénéficie pas des conventions. Structure à manier avec précaution.

2.4 Autres structures

Protected Cell Companies (PCC), Variable Capital Companies (VCC), trusts et fondations.

3. Comment choisir la bonne structure pour votre projet ?

Où sont vos clients ? Si principalement à Maurice, la Domestic Company est le choix naturel. Si principalement en Europe, Afrique ou Asie, la GBC est la structure adaptée.

Avez-vous besoin des conventions de non-double imposition ? Si oui, optez pour une GBC avec une substance crédible.

Souhaitez-vous devenir résident fiscal à Maurice ? C'est une question fondamentale qui conditionne la structuration globale de votre projet — nous y revenons en section 7.

CritèreDomestic CompanyGBCAuthorised Company
Marché cibleMauriceInternationalHors Maurice
Taux d'IS15 %~3 % (avec PER)Non-résidente
Conventions fiscalesOuiOuiNon
Substance requiseStandardRenforcéeHors Maurice

4. Le processus de création d'entreprise à l'Île Maurice

4.1 Clarifier votre projet

Première étape indispensable : définir ce que vous allez vendre, à qui, depuis où, et par quel canal. C'est ce diagnostic initial qui détermine la forme juridique, le régime fiscal applicable et les licences nécessaires.

4.2 Choisir la forme juridique

La plupart des entrepreneurs créent une « Company limited by shares », l'équivalent mauricien de la SARL ou SAS française. C'est la structure la plus courante et la plus flexible.

4.3 Réserver le nom de la société

Vérification auprès du Registrar of Companies (RoC). Le nom doit être unique et conforme aux règles de dénomination en vigueur.

4.4 Rédiger la « constitution » (statuts)

Les statuts définissent la répartition des droits de vote, les règles d'entrée et de sortie d'associés, et l'ensemble de la gouvernance de la société. Un point souvent négligé mais critique.

4.5 Préparer le dossier de création

Le dossier comprend : formulaires de constitution, consentements des administrateurs et actionnaires, pièces d'identité, déclaration des bénéficiaires effectifs (UBO), business plan. Pour une GBC, le dossier est soumis à la FSC avec des exigences documentaires renforcées.

4.6 Délai de création

Société domestique : quelques jours ouvrables. GBC : une à deux semaines, selon la complexité du dossier et la réactivité de la FSC.

4.7 Ouverture de compte bancaire

C'est souvent le vrai facteur temps. Les procédures KYC (Know Your Customer) sont poussées : origine des fonds, activité détaillée, références bancaires antérieures. Comptez 2 à 6 semaines selon la banque et la complexité du profil.

5. Domiciliation et obligations locales

5.1 Le siège social

Toute société doit avoir un registered office à Maurice. C'est l'adresse officielle de la société, celle qui figure au Registrar of Companies et sur tous les documents légaux.

5.2 Les administrateurs et la substance

Pour une GBC, les autorités attendent des administrateurs résidents et des décisions clés prises à Maurice. Ce n'est pas un simple formalisme : la FSC vérifie que les directeurs participent activement à la gouvernance de la société.

5.3 Comptabilité, audit, conformité

Toute société doit tenir une comptabilité conforme aux normes locales, déposer des déclarations fiscales annuelles auprès de la MRA (Mauritius Revenue Authority), et pour les GBC, produire des états financiers audités par un cabinet agréé à Maurice.

6. Avantage fiscal île Maurice : ce que cela veut dire en vrai

6.1 Côté sociétés

Taux de 15 % sur le bénéfice net, 3 % pour l'exportation de biens, partial exemption à 3 % pour les GBC. Pas de taxe sur la fortune, pas d'impôt sur les plus-values mobilières, pas de retenue à la source sur les dividendes versés à des non-résidents.

💡 Récapitulatif fiscal sociétés

  • IS standard : 15 %
  • IS export de biens : 3 %
  • IS GBC avec Partial Exemption : ~3 %
  • Plus-values mobilières : 0 %
  • Retenue à la source dividendes (non-résidents) : 0 %
  • Taxe sur la fortune : inexistante

6.2 Côté particuliers

Un résident fiscal est imposé sur son revenu mondial. Cependant, Maurice applique un système de « remittance » : les revenus étrangers ne sont imposables que lorsqu'ils sont rapatriés à Maurice.

Un non-résident n'est imposé que sur ses revenus de source mauricienne.

7. Devenir résident fiscal île Maurice : conditions et stratégies

7.1 Les critères de résidence fiscale

Vous êtes considéré comme résident fiscal à Maurice si vous remplissez l'un des critères suivants :

  • 183 jours de présence pendant l'année fiscale (1er juillet au 30 juin)
  • 270 jours au total sur l'année en cours et les deux précédentes
  • Domicile établi à Maurice

7.2 Résidence fiscale et permis de séjour

Plusieurs voies d'accès existent pour obtenir un permis de résidence :

  • Permis investisseur (300 000 – 375 000 USD)
  • Permis par acquisition immobilière (minimum 375 000 USD) — voir notre guide investissement immobilier 2025
  • Permis professionnels ou « self-employed »

7.3 Changer de résidence fiscale proprement

Changer de résidence fiscale ne se résume pas à acheter un billet d'avion. Il faut s'interroger sur l'exit tax éventuelle dans votre pays d'origine, organiser les flux de revenus en cohérence avec votre nouvelle résidence, et demander un Tax Residence Certificate mauricien auprès de la MRA.

8. Erreurs fréquentes et bonnes pratiques en 2025

Première erreur : sous-estimer la substance.Créer une GBC sans présence réelle à Maurice, avec des directeurs nominees passifs, c'est prendre le risque de perdre le Partial Exemption Regime et de subir un redressement fiscal.

Deuxième erreur : ne pas synchroniser société et vie personnelle. Créer une société à Maurice tout en restant résident fiscal en France sans avoir anticipé les conséquences fiscales, c'est s'exposer à des difficultés majeures.

Troisième erreur : multiplier les structures sans logique. Avoir une holding à Maurice, une société opérationnelle ailleurs et une troisième structure pour la facturation sans cohérence d'ensemble, c'est le meilleur moyen d'attirer l'attention des administrations fiscales.

⚠️ Ce qui fonctionne en 2025

Les projets qui fonctionnent assument une présence réelle à Maurice, choisissent une structure alignée sur la réalité de l'activité, et gèrent proprement la comptabilité. C'est la combinaison d'un cadre fiscal attractif et d'une rigueur opérationnelle qui fait la différence.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Chaque situation est unique — contactez nos experts pour une analyse personnalisée.

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Structuration juridique, fiscalité, domiciliation, résidence fiscale — Didier Laroussinie, Expert-Comptable — Fiscaliste, vous accompagne à chaque étape.

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