Le budget 2025-2026 double la part du fonds CSR (Corporate Social Responsibility) que les entreprises peuvent gérer directement. Ce que nous observons depuis notre cabinet, c'est que cette évolution transforme une obligation légale en véritable outil stratégique pour les entrepreneurs qui s'implantent à Maurice.
À Maurice, toute entreprise dont le chiffre d'affaires dépasse un certain seuil est tenue de consacrer 2 % de ses bénéfices comptables à des activités de responsabilité sociale. Ce mécanisme, unique dans la région, fait de la RSE une obligation légale — pas une démarche volontaire. C'est un point que nous expliquons systématiquement aux entrepreneurs francophones qui découvrent le cadre mauricien.
Jusqu'au budget 2025-2026, les entreprises ne pouvaient gérer directement que 25 % de leur contribution CSR, les 75 % restants étant versés à un fonds gouvernemental. Désormais, 50 % peuvent être utilisés directement par l'entreprise pour financer des projets de son choix, dans le cadre des catégories approuvées : éducation, santé, protection de l'environnement, logement social, loisirs et sports, soutien aux ONG accréditées.
Nos clients nous interrogent régulièrement sur l'intérêt concret du CSR. Notre reponse : en choisissant des projets alignés avec ses valeurs et son secteur d'activité, l'entreprise renforcé son ancrage local, développe son réseau dans la communauté mauricienne et améliore son image auprès des partenaires locaux. Concrètement, sur le terrain mauricien, le CSR est un levier de légitimité pour une entreprise étrangère qui s'installé. La contribution CSR de 2 % est déductible des bénéfices imposables. Avec un taux d'IS de 15 %, le coût net effectif pour l'entreprise est de 1,7 % des bénéfices.
Au-delà du CSR, les entreprises à Maurice doivent gérer la CSG (Contribution Sociale Généralisée) de 3 % à 6 % employeur selon le niveau de salaire, le NSF (National Savings Fund) de 2,5 % employeur sur la rémunération totale, et le Skills Development Levy de 1 % des salaires de base. Ces charges restent nettement inférieures à celles pratiquées en France (environ 45 % de charges patronales).
En tant que praticiens sur le terrain, nous recommandons d'intégrer la stratégie CSR dès la phase de création de l'entreprise à Maurice. Le doublement de la part gérable directement offre une opportunité concrète de combiner obligation légale et stratégie d'entreprise. Les entrepreneurs qui s'investissent dans des projets CSR visibles localement bénéficient d'un retour d'image disproportionné par rapport àu coût engagé. Notre cabinet intègre les obligations CSR dans la planification globale de nos clients.
